« À la Saint-Jules, on en est encore aux pulls. »
Troyes - Aube (Grand Est)
La Madeleine - Scène Conventionnée
10000
Troyes
Les larmes du monde sont en quantité constante. Pour chaque personne qui pleure ailleurs, une autre s'arrête.
Tout commence dans un noir profond. On entend des pas. Sur scène, il y a un arbre et une pierre. C’est Beckett qui l’a décidé, qui a décidé dans ses didascalies plus que précises. Cette version de En attendant Godot est d’ailleurs la plus aboutie, celle que le maître avait remaniée. Le texte dit pour le début : « Estragon est sur le sol. Il appartient à la pierre. Vladimir est lumière. Il est orienté vers le ciel. Il appartient à l’arbre. » Et c’est ce qu’on voit. Tout est écrit, maintenant, il faut le jouer et bien le jouer. Le quatuor de comédiens est époustouflant : ce sont tous des monstres de plateaux. Pour Denis Lavant et Jacques Bonnafé qui ne quittent jamais la scène, c’est un tour de maître. Lavant, qui a si souvent joué les égarés sous les ponts, incarne un Estragon attachant, cassé par la vie. Bonnafé, lui, est un tendre penseur, lucide au milieu du néant.
Mise en scène : Jacques Osinski Scénographie : Yann Chapotel Lumières : Catherine Verheyde Costumes : Sylvette Dequest Dramaturgie : Marie Potonet
Mis à jour le 15 décembre 2025